I.
À mon propos
Lydie Rolet est une artiste dont le travail est profondément personnel et poétique.
Elle évite de définir ou de catégoriser son style, préférant laisser ses œuvres
parler d'elles-mêmes.
« Devant chaque tableau de Lydie Rolet, on se fait son petit cinéma. »
Cette phrase d'une journaliste souligne la capacité de ses œuvres à évoquer
des narrations personnelles chez les spectateurs. Son travail est en
constante évolution, accompagnant ses émotions et ses transformations.
Elle décrit sa relation avec son art comme une compagne de vie —
qui rit et pleure avec elle, se métamorphosant sans cesse au fil du temps.
II.
Les feuilles de peu
J'ai commencé à œuvrer avec le papier toilette lors de la pandémie de 2020.
Les feuilles de peu, ce sont les feuilles de papier toilette
qui continuent leur chemin hors du temps des quarantaines et des confinements.
Peu à peu, j'ai enrichi mes interventions sur ce papier si particulier.
Maintenant, parfois je les dédouble, pour aller au plus près
de la fragilité. Parfois j'ajoute de la feuille d'or, pour
amener le concept au paroxysme de part et d'autre. Parfois je les brode.
Et parfois je fais les trois.
III.
Le temps de la peinture
Le temps de la peinture n'est pas celui des horloges. Certains artistes
tendent vers l'épure, moi, je cherche à enrichir de supplémentaire.
Je construis mes tableaux dans la durée — plusieurs mois, plusieurs années
parfois.
Je gratte la surface, j'ajoute une couche après l'autre, dans un éternel
va-et-vient entre ce que je veux dire, ce qui s'impose à moi et l'équilibre
du tableau. Si je vais trop loin, je noie le tableau et je le perds.
Mais s'il fait la traversée, je sais qu'il dira mon éternelle question :
« Comment accueillir et transformer
nos histoires du passé ? »